Le DPI-A (PGT-A)
DPI-A et FIV : Un outil essentiel pour éviter les fausses couches encore interdit en France
Aujourd’hui, en France, lors d’une Fécondation In Vitro, la qualité des embryons obtenus est jugée de façon encore imparfaite. Ainsi, des embryons sont implantés dans l’utérus alors même qu’ils n’avaient aucune chance d’aboutir à la naissance d’un bébé en bonne santé. Il existe un test pour augmenter les chances : Le Diagnostic Pré-Implantatoire des Aneuploïdies (ou DPI-A), autorisé dans plusieurs pays, mais interdit aujourd’hui en France.
Qu’est-ce que le DPI-A et à quoi sert-il ?
Le DPI-A est une technique utilisée dans le cadre de l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP ou communément appelée PMA). Lors d’un DPI-A, également appelé PGT-A (Preimplantation Genetic Testing for Aneuploidy), les médecins prélèvent et examinent en laboratoire quelques cellules de l’embryon aux premiers stades de son développement. Cette analyse permet de façon certaine de détecter d’éventuelles anomalies chromosomiques, appelées aneuploïdies, comme une trisomie (13, 18, 21…) ou une monosomie. Réalisé dans le cadre d’une FIV, il permet alors d’augmenter les chances de grossesse évolutive.
Ce diagnostic optionnel offrirait aux patient.e.s en parcours PMA, l’opportunité de prendre une décision éclairée avant un éventuel transfert d’embryon : choisir d’implanter un embryon présentant un nombre normal de chromosomes ou d’implanter un embryon porteur d’une pathologie viable, mais en ayant connaissance de sa condition avant le transfert.
Le DPI-A ne détecte pas toutes les pathologies génétiques qui ne seraient pas liées au nombre de chromosomes, mais permet d’éviter :
- des arrêts naturels de grossesse (communément appelés « fausses couches »), liées à un embryon génétiquement non viable ou atteint d’une pathologie incurable
- des examens supplémentaires parfois invasifs comme l’amniocentèse
- une souffrance physique et psychique liée à des échecs d’implantation embryonnaire répétés
- des Interruptions Médicales de Grossesse traumatisantes
- des dépenses inutiles de la sécurité sociale pour des transferts d’embryons vains
Enfin, il diminue parfois l’attente avant de devenir parents ou permet de se tourner vers d’autres projets de vie.
Quelle différence avec le DPI ?
La manipulation réalisée dans le cadre d’un Diagnostic Pré-Implantatoire (DPI) ou d’un DPI-A est la même. La législation française autorise uniquement le DPI dans des cas très spécifiques, notamment pour les couples présentant une forte probabilité de transmettre une maladie génétique grave et incurable à leur enfant. Ce diagnostic représente une alternative au diagnostic anténatal dont le recours est souvent l’Interruption Médicale de Grossesse (IMG) en cas d’atteinte du fœtus. A ce jour, lors d’un DPI, seule la pathologie pour laquelle le couple présente un risque de transmission est recherchée. Les FIV-DPI ne sont réalisées que dans une poignée de centres AMP en métropole avec des délais de prise en charge longs (passage en commission) et il ne peut être réalisé qu’avant les 38 ans de la gestatrice.
Le DPI-A visant à détecter des anomalies chromosomiques sans indication médicale, est exclu de ce cadre légal en France.
Pourquoi le DPI-A est-il controversé ?
Les défenseurs ne manquent pas, y compris dans le corps médical, mais les opposants se font également entendre. Parmi les arguments avancés par ces derniers, la peur des dérives vers l’eugénisme est souvent citée. Choisir le sexe de l’enfant à naître, ou encore sa couleur de cheveux n’est pourtant pas évidemment l’argument mis en avant par les patient.e.s qui souhaitent avoir recours au DPI-A. L’objectif de ce test génétique est simple : avoir un enfant en bonne santé. Il est également avancé par ceux qui s’opposent au DPI-A le fait de détruire des embryons porteurs de trisomie 21, handicap viable. Rappelons que le choix est laissé à toute femme enceinte d’interrompre sa grossesse jusqu’au jour de l’accouchement à la découverte du diagnostic de ce type. Le DPI-A viendrait alors simplement prévenir de l’aneuploïdie avant le transfert d’embryon : les futurs parents pourraient alors décider en toute état de cause de transférer ou non un embryon porteur de trisomie 21.
La situation en France vs nos voisins européens
Certains pays européens comme l’Espagne, le Royaume-Uni, la Hongrie ou la Belgique autorisent le DPI-A depuis plusieurs années sous conditions strictes. La France est à la traîne. Bon nombre de patientes françaises, qui ont les moyens de le financer, se dirigent d’ailleurs pour cette raison à l’étranger, dans les pays où cette analyse est légale. Le Collectif BAMP! milite depuis la révision de la loi Bioéthique de 2021 pour la légalisation du DPI-A en définissant un encadrement légal et éthique strict. Si vous êtes pour la légalisation du DPI-A, nous vous invitons à signer la pétition sur change.org : https://bit.ly/petition-dpia.
Témoignage :