Plan Fertilité : une nouvelle étape, et une responsabilité collective

5 février : lancement officiel du Plan Fertilité, un jour très symbolique pour notre association.

Le 5 février, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a officiellement lancé le Plan Fertilité et installé son comité de pilotage. Notre association Collectif BAMP, représentée par sa cofondatrice Virginie RIO, était présent et siège désormais au sein de ce comité.

Cette présence marque une reconnaissance importante : celle de l’expertise d’usage des patient·es et du travail mené par notre association depuis plus treize ans pour faire de la fertilité et de l’infertilité de véritable enjeux de santé publique.

La voix des personnes concernées a également été relayée dans les médias nationaux, notamment lors du journal de 18h de France Inter, le 5 février, où Virginie RIO est intervenue pour réagir au lancement du Plan Fertilité et rappeler les attentes des patient·es. De nombreux articles dans des médias nationaux ont permis de faire entendre cela.

Une suite attendue à un travail engagé dès 2022

Le lancement de ce plan est la suite attendue du rapport sur les causes d’infertilité, remis en février 2022 au ministre de la Santé Olivier Véran. Ce rapport structurant proposait six axes pour agir sur la fertilité : prévention, information, recherche, organisation des parcours, données et gouvernance.

Cependant, la succession de ministres au ministère de la Santé, puis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, n’ont pas permis le lancement opérationnel du Plan Fertilité dans les années qui ont suivi.

En 2025, Catherine Vautrin, alors ministre de la santé, a relancé le sujet, avec plusieurs annonces préparatoires. Le lancement officiel de février marque donc une étape structurante : celle du passage des constats à l’action. Pour notre association c’est réellement une nouvelle ère qui démarre.

Une reconnaissance concrète de l’expertise des patient·es

Au-delà des annonces, cette journée du 5 février est aussi marquée par une reconnaissance tangible du rôle des associations de patient·es, la démocratie sanitaire dans toute sa pertinence.

Notre investissement dans les travaux préparatoires sont engagés sur différents points depuis plusieurs années. Par exemple avec les services de santé numérique de l’État pour contribuer au développement du site institutionnel d’information sur la fertilité, avec un renvoi vers des ressources fiables et éprouvées. Travail réalisé avec les médecins de la Société de Médecine de la Reproduction engagés dans le projet INFO FERTILITÉ, référencé sur le site Santé.fr ainsi que les vidéos de la Société de Médecine de la Reproduction.

Par ailleurs, Virginie RIO est engagée au sein du groupe de travail de la Haute Autorité de Santé consacré à la fertilité et à la santé préconceptionnelle, depuis octobre 2025. Ces travaux doivent aboutir à des recommandations essentielles, en lien direct avec le lancement du Plan Fertilité.

La formation des professionnels de santé de première ligne est en effet un levier majeur : pour sensibiliser, informer, proposer des bilans de première intention et orienter, si nécessaire, vers des spécialistes. Sans ce maillon, la prévention au sujet de la fertilité et le repérage précoce resteront insuffisants.

C’est pour l’ensemble de ces engagements, coopérations et responsabilités confiées aux patient·es que nous sommes fières.

Les actions du Plan Fertilité particulièrement marquantes pour le Collectif BAMP

Parmi les 16 actions annoncées dans le cadre du Plan Fertilité, plusieurs nous semblent particulièrement structurantes et en cohérence avec les combats portés par notre association depuis 2013.

🔹 Prévention et santé environnementale

Le renforcement de la prévention sur les liens entre santé environnementale et fertilité est un signal fort. C’est un sujet que le Collectif BAMP porte depuis sa création. L’annonce d’un plan national sur les perturbateurs endocriniens, attendu au printemps, va dans le bon sens et devra se traduire par des mesures concrètes, lisibles et évaluables.

🔹 Sensibilisation précoce des jeunes

L’information et la sensibilisation des 15–25 ans, via l’Éducation nationale, constituent une avancée majeure. Parler de fertilité, de santé reproductive et de prévention tôt est indispensable pour réduire les pertes de chance ultérieures. Notre affiches « 9 choses à savoir sur la fertilité » et les actions de sensibilisation devant les élèves sont un des éléments contributif à cette sensibilisation.

🔹 Détection précoce et recommandations HAS

La volonté de détecter plus précocement certaines pathologies, notamment le SOPK, en lien avec les recommandations de la HAS et le plan ministériel qui lui est dédié, est un point essentiel.
Repérer plus tôt, c’est permettre des parcours plus adaptés et moins chaotiques.

🔹 Plateformes et données

La généralisation des plateformes PRÉVENIR et la mise en place d’un système national d’information et de gestion du don sont également des leviers importants pour améliorer transparence, traçabilité et efficience du système.

🔹 Information des adultes et autoconservation

L’envoi automatique d’un courrier d’information aux personnes à partir de 29 ans marque une reconnaissance de la nécessité d’informer sans attendre une difficulté avérée. Car l’information sera toujours plus que ne rien savoir. Le « si j’avais su » que nous entendons trop souvent dans la bouche des personnes infertiles en parcours d’AMP, repris par Madame la Ministre dans son discours, montre l’importance de ce changement de paradigme sur la question de l’information du plus grand nombre de la réalité de la fertilité. Bravo pour cette action forte.
Le développement de l’offre d’autoconservation va également dans ce sens.
Toutefois, Virginie RIO a souligné lors du comité de pilotage le manque d’information et d’accompagnement spécifique à destination des femmes sur ce sujet : un point de vigilance essentiel pour éviter des décisions mal éclairées.

Une vigilance forte sur l’amélioration des prises en charge

L’amélioration des prises en charge en AMP ne figurait pas dans la feuille de route ministérielle de 2021. Elle n’a donc pas été intégrée au rapport de 2022, ni, par conséquent, au Plan Fertilité tel qu’il est aujourd’hui présenté.

Ce point a été rappelé par Virginie RIO lors de la conclusion de la première réunion du comité de pilotage, le 5 février à midi. Les personnes engagées dans des parcours d’AMP ont besoin :

  • de meilleurs diagnostics,
  • de prises en charge améliorées,
  • et d’une organisation plus équitable du système.

Si nous saluons sincèrement le lancement du Plan Fertilité et les 16 actions qu’il contient — actions qui pourront et devront être affinées — nous poursuivons notre mobilisation sur des revendications essentielles :

  • l’accès au DPI-A,
  • l’AMP post-mortem,
  • l’ouverture de toutes les activités d’AMP à l’ensemble des centres, publics comme privés, qui en font la demande, afin d’améliorer la répartition des files actives et de réduire les pertes de chance.

Une étape importante, et une responsabilité collective

Le lancement du Plan Fertilité constitue une étape importante pour notre association, nos adhérents, nos bénévoles. Il ouvre un cadre, une méthode et une gouvernance pour que fertilité et infertilité soient des sujets de santé publique, dotés d’actions nationales, financées.
Notre responsabilité collective est désormais de veiller à ce que ce cadre évolue, s’enrichisse et réponde pleinement aux besoins des personnes concernées.

Le Collectif BAMP continuera à s’y engager avec exigence, responsabilité et détermination.

Liste des 16 mesures du plan de lutte contre l’infertilité

Axe 1 : sensibiliser et prévenir

  • Création d’un portail national de référence sur la santé reproductive et la fertilité, accessible via Santé.fr, rassemblant des informations fiables, validées scientifiquement et adaptées aux différents âges de la vie.
  • Diffusion d’une information ciblée, équilibrée, à la fois sur la santé sexuelle et sur la santé reproductive, à destination de l’ensemble des Français et Françaises de 29 ans.
  • Renforcement de l’éducation à la santé reproductive en milieu scolaire, en lien avec l’Education nationale
  • Lancement d’une campagne nationale de communication, visant à améliorer la connaissance des enjeux de santé reproductive et à lutter contre les idées reçues.
  • Renforcement de la prévention des risques environnementaux et comportementaux.

Axe 2 : détecter précocement et mieux diagnostiquer l’infertilité

  • Amélioration du parcours de soins dédié à la fertilité via l’intégration d’une fiche dédiée à la fertilité dans « Mon bilan prévention » et les recommandations à venir de la Haute Autorité de Santé sur la santé pré conceptionnelle.
  • Généralisation des plateformes PREVENIR, afin de renforcer le repérage précoce des facteurs de risques liés aux expositions environnementales pouvant être responsables de troubles de la fertilité et d’orienter plus efficacement les patients.
  • Poursuite de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, avec une amélioration du diagnostic et de la prise en charge.
  • Amélioration du diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques (SPOK),pathologie fortement associée à l’infertilité, encore insuffisamment diagnostiquée.

Axe 3 : prendre en charge : améliorer, élargir et mieux informer sur l’assistance médicale à la procréation

  • Déploiement de 30 centres nouvellement autorisés d’autoconservation des ovocytes, s’ajoutant aux 40 existants et lancer les réflexions pour l’ouverture de l’autoconservation des ovocytes aux centres privés à but lucratif, afin d’élargir l’offre et de réduire les délais d’accès.
  • Mise en place d’un système d’information national de gestion des dons de gamètes et d’embryons, pour améliorer la transparence, la traçabilité et l’efficience du système.
  • Mise en place d’un sondage national sur l’autoconservation, afin de mieux comprendre les motivations, les attentes et les profils des personnes concernées.
  • Amélioration de l’information des patients à l’assistance médicale à la procréation.
  • Amélioration de l’organisation des parcours au sein de chaque centre d’assistance médicale à la procréation via le lancement d’une mission de l’agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale.

Axe 4 : Faire de la France un leader dans la recherche et l’innovation sur la fertilité

  • Déploiement d’appels à projets ou volets thématiques pouvant porter spécifiquement sur la fertilité, en articulation avec les travaux existants sur l’infertilité et l’endométriose.
  • Structuration et renforcement du suivi épidémiologique, avec un suivi plus rapproché des indicateurs sanitaires de la santé reproductive masculine et féminine.

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